« Vos sourires, vos regards, nos photos… témoins de toute une vie »

48 – Comment ? Et surtout… Pourquoi ?

« Vos sourires, vos regards, nos photos… témoins de toute une vie »

Ou comment ? Et surtout… pourquoi ?

Pourquoi suis-je devenu ce photographe portraitiste, spécialiste du sourire, voire (comme Nathalie m’a joliment nommé dernièrement) « Fournisseur officiel du sourire » ?

Sûrement pas par hasard.

Je dirais que tout cela a commencé, comme encore et toujours, chez moi, par …

Une histoire de famille.

Plus particulièrement, grâce à Maman.

J’ai hérité de tant de merveilleuses qualités (et peut-être aussi de quelques petites failles) de Maman et de Papa.

Et comme tout héritier, il m’a fallu, au fil du temps, en faire quelque chose, y construire ma propre histoire.

Une histoire faite de rencontres, de regards, de sourires… et très rapidement de photographies, plus exactement de portraits.

Laissez-moi vous raconter :

Je vois toujours Maman avec un appareil photo à la main.

Le plus emblématique est sans doute son Kodak Brownie flash

D’autres suivront.

Elle a pour habitude de photographier ses 5 enfants, avec notre père

Toutes les occasions sont bonnes.

Ce n’est pas un hasard non plus si elle nous photographe autant tous le 6,

Sûrement inconsciemment,

Mais je ne le comprends que très récemment

En travaillant avec une psychogénéalogiste

Lors de l’écriture de mon autobiographie,

Je vous en parle bien sûr dans mon livre.

Je vous laisse y découvrir le pourquoi de Maman,

Ainsi que l’analyse de cette intéressante photo.

Je vais très régulièrement chez le photographe du quartier

Faire des « photos d’identité »

Pas celles d’aujourd’hui,

Celles qui ont encore une âme.

Je ne sais si c’est ma mère qui voulait que j’y aille

Je ne sais pas non plus si toute la fratrie y allait aussi souvent,

Toujours est-il que j’y’allais régulièrement et que je les ai toutes gardées.

Vous pourrez en découvrir davantage

A 17 ans, ma 1ère paie de travail d’été.

C’est logique, je m’achète mon 1er appareil photo

Pour capter non pas ma famille,

Je commencerai à les photographier beaucoup plus tard,

A 35 ans

Et les 1ers seront mes parents,

Je vous en parlerai dans le label JY du bicentenaire de la photo

Mais là, pour le moment, je photographie mes ami-e-s.

Je suis toujours celui qui est un peu en retrait du groupe

Et qui capte les émotions des uns et des autres,

J’en fais régulièrement des montages diapos avec musique, pour leur montrer comment je les regarde, avec mon cœur.

A Paris, où j’arrive en 1982,

Je continue à photographier mes amis,

Avec les moyens du bord chez moi,

Ou dehors.

Je sens que c’est ma façon à moi de leur dire comme je les aime,

Avec mon regard.

Avec Orazio, « un complice photographique » durant de nombreuses années, nous nous amusons beaucoup,

Franck, un ami, comédien, va à un casting pour un film avec Costa Gavras.

Je refais son book pour ce casting.

Il n’est pas pris,

Mais :

« Costa Gavras a voulu garder mes photos,

Car il aimait beaucoup le regard du photographe »

Le regard du photographe !

Pour moi, j’ai juste « appuyé sur le bouton »

Je continue à capter tous ces regards,

Tous ces sourires qui me touchent.

1989, J’achète mon 1er reflex,

Un Minolta 7000 avec un zoom 100-200.

A un diner chez des amis,

Je rencontre Xuan.

Mes amis : « Xuan, Tu devrais aller voir les photos de Jean-Yves, tu ne seras pas déçue »

Elle passe à la maison,

Prend tous mes classeurs remplis de planches contact,

Revient quelques jours plus tard,

Elle a sélectionné plusieurs photos.

« Fais toi un book avec ces photos,

Je travaille avec des photographes pros,

Techniquement ils en connaissent surement plus que toi,

Mais au niveau des émotions transmises,

Chapeau,

Tu les dépasses ».

Elle m’avoue qu’elle est bookeuse dans une agence de photographes.

Le JY commence à prendre « un peu » confiance en lui.

J’aborde les gens dans la rue,

Ou partout où je suis,

Même dans le cadre de mon travail,

Leur proposer ces séances photos,

C’est presque vital pour moi.

Je ne sais pas encore le Pourquoi de ce besoin,

Si vital,

Je le ressens ainsi.

Nicolas, un de mes « proches »,

Que j’ai bien évidemment photographié, comme ci-dessous…

Dit de moi :

« Ses nerfs optiques sont directement reliés au cœur »

Alain, une de mes rencontres de « trottoir »

Plus exactement dans son stand aux puces,

Où je l’aborde pour lui proposer de photographier son sourire,

Je lui montre mon book,

Vous savez les portfolios « Press Book »

Genre 60 x 40 des beaux-arts de l’époque,

Nous sommes loin de la présentation sur site via un simple lien

Ou les photos sur mon tel…

Bref, il me demande s’il peut le garder

Pour le montrer à des amis le soir même à un diner.

Aucun souci,

Je suis d’un naturel confiant.

Le lendemain matin,

Je suis chez moi,

Le téléphone sonne

« Bonjour,

J’ai vu vos photos hier soir,

Votre travail me plait beaucoup,

Cela vous dirait d’en exposer quelques-unes

Avec nous en octobre ? »

« Oui, avec grand plaisir,

Où se déroule cette exposition ? »

« Au Grand Palais à Paris,

Je suis responsable du Salon d’automne »

Wouawww,

Je crie une fois avoir raccroché.

Vous ne m’avez pas entendu ?

Vite un post sur FB, Instagram, Linkedin…

Ah flute, ils n’existent pas encore.

Cinq photos y sont exposées.

Thierry, l’un de mes modèles m’imprimera des cartons d’invitation

Je les envoie à la terre entière

Pour la soirée de vernissage.

Ma terre entière,

Mes amis,

Ma famille,

Mes rencontres photographiques,

Mes collègues et connaissances professionnelles.

Je viens de quitter le 1er Centre d’Affaires REGUS français

Je l’ai créé en France avec Imogen, une Anglaise,

Devant l’Élysée.

J’y étais Directeur administratif et financier.

Suivent une série d’exposition

Chez moi à Brest, puis Châteaulin et Quimper.

La parfaite excuse pour faire le portrait de Maman et Papa :

Mon 1er magnifique article de presse :

« Jean-Yves PITON, la fureur de vivre »

L’année suivante,

Nouveau boulot,

DAF dans une maison de confection,

Je rencontre Sylvette, la styliste,

Qui devient une amie,

Toujours plus que présente aujourd’hui, 33 ans plus tard.

A Sylvette et Jacques, son mari,

Qu’elle me présente un jour,

Je leur parle de mon rêve

De rencontrer et photographier Mademoiselle Jeanne Moreau.

Quelques jours plus tard,

Jacques me donne l’adresse de Jeanne Moreau.

Il est décorateur de théâtre et cinéma.

Ils ne m’avaient rien dit, ni l’un ni l’autre…

Me voilà bien,

Je dois en faire quelque chose.

Surement pas aller sonner à sa porte un jour,

Au Square du Roulle…

Je confectionne un petit coffret avec certaines de mes photos que je colle sur des papiers matière achetés dans une de ces merveilleuses boutiques de la rue du pont Louis-Philippe,

Je le donne à Luc, un ami fleuriste,

En le missionnant de le livrer avec un bouquet rond de fleurs blanches.

Un soir,

« Bouquet et coffret livrés,

C’est elle qui m’a ouvert,

Elle les a »

Dans le petit mot que j’ai glissé dans le carton,

Mon adresse et mon numéro de tél perso,

Pas de portable à l’époque.

Juste une petite carte de remerciement de sa part me comblerait de joie.

Quelques jours plus tard,

Au bureau,

La secrétaire de Direction :

« Mr PITON, j’ai Mlle Jeanne Moreau pour vous au téléphone ».

Euh !

Surement une amie qui me fait une blague,

Je ne lui ai pas donné mon tel au bureau.

Non, c’est bien elle.

Mademoiselle Jeanne Moreau me téléphone.

Je décolle,

Je suis sur un petit nuage.

Elle a appelé à mon domicile,

Est tombé sur un ami italien en vacances chez moi

Lui, il a dit que j’étais au travail

Sans savoir qui elle était.

« Vous pouvez me donner son numéro à son bureau ? »

Tout simplement.

Nous parlons plus d’une demi-heure,

En fait, je l’écoute surtout,

Elle me dit qui je suis,

Elle voit tout sur moi au travers de mes photos.

Me parle de ma sensibilité, ma capacité à percevoir l’autre,

En parle comme d’une belle force,

Et me dit :

« Jean-Yves,

Continuez,

Surtout ne doutez pas »

Sur les conseils d’une amie,

Ces mots sont toujours affichés dans mon studio photo,

Comme un mantra…

Elle me donne son n° de téléphone privé,

Je l’appelle deux, trois fois.

Très occupée,

Pas très disponible.

Puis, je n’ai plus osé.

Aujourd’hui, j’oserais davantage,

Sûrement.

Aujourd’hui, Je me dis que

Sa mission était de me donner

Encore un peu plus confiance,

Ce qu’elle fit.

Elle le fait encore aujourd’hui,

Quand je la lis dans mon studio.

L’année suivante,

A l’aube de mes 40 ans,

Je commence une thérapie

Car je me sens un peu

Au fond de la mine à pousser les wagonnets !

J’ai aussi hérité de quelques « démons »

Dans mon patrimoine familial.

Il est temps de commencer à alléger la charge.

Mon psy, célèbre de nos jours,

Christophe FAURÉ,

Me demande un jour :

« Quel est ton 1er souvenir de regard de tendresse sur toi ? »

« Je dirais vers mes 11 ans,

Chez un oncle et une tante

(Cousins de mon père)

Ils n’ont pas d’enfants,

Je passe toutes mes vacances, ou presque,

Seul chez eux

Ils ont une ferme

Je suis le roi là-bas

Conduire les vaches au champ

Conduire le tracteur

Et

Le matin

Quand je me lève

Mélanie, ma tante,

Est souvent à traire les vaches

J’arrive dans l’étable,

Ce regard, ce sourire,

Sur moi

Je ne le connaissais pas vraiment jusque-là.

Mais celui-là, je m’en souviens. »

« Un regard comme celui-là »

Me dit-il en me montrant deux photos de femmes

Que je lui avais données

Pour qu’il connaisse mon travail.

Troublé.

« On peut faire pause

Et en reparler semaine prochaine ? »

Je viens de comprendre pourquoi j’aime tant capter ces sourires, ces regards.

Parce que, au moment où je les capte,

Ces sourires, ces regards,

Sont échangés.

Je regarde pour les capter,

Mais je suis regardé aussi…

Et,

Si j’ai ce don de susciter ces regards, ces sourires,

Même s’ils réparent une faille chez moi,

Utilisons-là, cette faille

Pour le bien de toutes et tous,

Le leur, le mien.

Et depuis,

Je continue

En toute connaissance de cause.

Donc,

Si aujourd’hui,

Je suis devenu

« Fournisseur officiel du sourire »

Ce n’est pas un hasard,

Je le dois,

A ma mère,

Qui m’a donné la culture de la photo,

A Mélanie,

Qui m’a donné l’envie de retrouver ce 1er regard de tendresse sur moi,

A Costa Gavras,

Qui me fait comprendre que chaque photographe a un regard bien à lui,

Et j’ai donc le mien,

A Xuan,

Qui me conforte dans ce regard empli d’émotion,

Le mien,

A Alain et ce responsable du Grand Palais,

Pour ce 1er magnifique lieu d’exposition,

Qui me fait monter d’une marche supplémentaire dans la confiance en moi,

A Mademoiselle Jeanne Moreau,

Qui pose son regard sur moi,

Et me fait monter au moins d’un autre étage sur ce même chemin,

Et à toutes mes belles et magnifiques rencontres

D’hier et d’aujourd’hui.

Après m’avoir lu,

Vous ne viendrez plus chez moi par hasard,

Je suis le fruit de tout ce chemin,

De toutes ces rencontres,

Et comme le disait Nicolas,

Je vous regarde avec le cœur,

Et je fais en sorte de faire émerger un vrai sourire,

Celui qui vient du cœur.

Voilà,

Vous savez tout ou presque.

Pour tous les détails de ces merveilleuses rencontres, vous connaissez le livre à lire :

Et pour les prochaines photos de votre sourire authentique qui vient du cœur,

A bientôt.

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